Les campagnes ont appris à vivre, à survivre, dans l'attente du retour, des enfants, des pères, des frères...

La plupart des appelés n'avaient jamais pris le train. Aux premiers espoirs d'une guerre courte et rapide, commencent à poindre une résignation et une fatalité, même si les journaux ne font état la plupart du temps que de victoires. La vie continue, mais de nouveaux appelés quittent sans cesse les villages et les campagnes.

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L'appel est parfois devancé de quelques mois devant les besoins en hommes pour une guerre qui n'était ni préparée, ni stratégiquement supervisée pour l'époque.

Le retard en matériel, le retard d'une guerre pour la plupart des généraux, seront compensées par la multitude sur tous les fronts. Il faudra pratiquement deux ans pour changer la totalité des uniformes datant de 1870, aux couleurs beaucoup trop criardes.

Les enfants de la France découvrent de nouveaux territoires au nord et dans l'est, pendant que les familles, au loin, assurent le ravitaillement essentiel.

A Escayre, le bilan est tout aussi lourd, un arrêt sur image, le temps d'un souvenir, sur une famille, les Coffe. 

Vous en avez sans doute entendu parlé si vous avez lu institutrice d'hier. Lorsque le chauffeur de Madame Palophy demande son chemin pour arriver à Escayre. Il s'adresse alors à une demi-douzaine de "vieux" fumant paisiblement leurs pipes...

La route d'Escayré?

Anatz à Escayré? Counesseiz les Coffo? Soun de brabe monde! (Vous allez à Escayré? Vous connaissez les Coffe? Ce sont de braves gens...)

De braves gens, comme beaucoup dans nos campagnes, pris dans la tourmente de la guerre.

Lucien Coffe est né le 5 décembre 1898, à onze heures du matin. Il est l'oncle d'André et Lucien Coffe de Caujac.

Lorsque la guerre éclate, Lucien est alors agé de 16 ans. Il s'engage volontairement pour 4 ans le 8 janvier 1917, à la mairie de Cintegabelle. Il a alors 18 ans et rejoindra son corps d'armée huit jours plus tard, le 16 janvier 1917.

Lucien Coffe est incorporé au 71eme régiment d'artillerie lourde qui se distinguera lors de la bataille de l'Aisne et de la seconde bataille de la Marne en 1918.

C'est à Montélimar, le 28 novembre 1918, que Lucien Coffe décèdera de ses blessures.

Chaque année, lors des fêtes d'Escayre, le maire, le conseil, les habitants se recueillent devant le monument aux morts, le temps d'un instant, pour honorer ces enfants de la France arrachés à nos villages.

 

 

 

Un grand remerciement à Colette (épouse de) Yves Rodriguez (petit fils d'André) pour leur autorisation et documents fournis

 

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